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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/412

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ESQUISSES DU COEUR,





III. PAQUITA


He would not play and gambol with a heart ;

— he would not love for a day, — but for life — and through life.

LORD FEELING.


I

Depuis six mois qu’il était revenu à Ségovie après avoir achevé ses cours de théologie à l’université de Salamanque, Lorenzo menait une vie dont chacun admirait la sagesse et l’austérité.

A le voir traverser sur le soir l’Alameda avec de gros livres sous le bras, sortant de la bibliothèque des moines du Parral, chez lesquels il passait habituellement ses journées ; à le voir dans son costume noir d’estudiante, le visage pâle, la tête et les yeux baissés, les señoritas se disaient tout bas entr’elles que c’était grand dommage qu’un si jeune et si beau garçon s’exténuât ainsi d’études et de veilles, et se cloîtrât d’avance avec les Hyéronimites, comme s’il était déjà de leur ordre.

Lorenzo était-il en effet bien né pour l’état monastique auquel le destinait sa mère, veuve âgée et sans fortune ?

Certes, quiconque eût observé avec soin quel feu brillait dans