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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/345

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Les attentats à la vie du mari outragé se présentent dans cet ordre ; ils sont commis d’abord par le complice seul, par le complice et la femme, par la femme seule, puis par la femme et un tiers.

Plus des trois cinquièmes des attentats à la vie des femmes outragées sont commis directement par le mari adultère ; un cinquième est commis par la complice du mari, un autre cinquième environ par le mari et sa complice.

Si la vie des époux adultères n’est presque jamais menacée, il n’en est pas de même de celle de leurs complices, qui d’ailleurs est trois fois moins exposée que celle des époux outragés.

Après les époux et les complices, les enfans sont les premières victimes, d’abord ceux qui sont le fruit d’un commerce adultère, ensuite ceux qui sont nés d’une union légitime ; les premiers sont tués par la mère qui veut faire disparaître la trace de sa faute, ou par le mari, pour venger son injure. Les autres, objet d’aversion ou de jalousie, et dont l’héritage est convoité pour des enfans préférés, sont frappés par l’époux adultère et sa complice.

La débauche, la séduction, le concubinage, font commettre à peu près autant de crimes que l’adultère, mais la proportion du nombre des hommes avec celui des femmes est différente. Dans le premier cas, plus des trois quarts des attentats sont dirigés contre la femme, tandis que dans l’adultère, le nombre des attentats à la vie des hommes est le plus grand.

Un sixième des crimes d’empoisonnement, de meurtre et d’assassinat, par suite de séduction, de débauche et de concubinage, est commis pour se venger de concubines infidèles ou qui veulent rompre leurs habitudes ; précisément un autre sixième, pour se débarrasser de filles séduites ou d’amantes délaissées, qui deviennent un obstacle au mariage des accusés.

Dans le mariage, l’infidélité de la femme ne fait commettre qu’environ un trente-troisième des attentats contre ses jours, elle en détermine un sixième dans les unions illicites.

En jetant les yeux sur les cartes où les divers ordres de faits sont représentés par des teintes plus ou moins obscures, on reconnaît que jusqu’ici l’on s’était formé une idée assez inexacte des rapports qui existent entre la distribution géographique des crimes et celle de l’instruction. On croyait généralement que les départemens le moins éclairés étaient ceux où se commettait le plus de crimes contre les personnes, c’était, disait-on, la meilleure preuve de l’heureuse influence de l’instruction. Or, les départemens de l’ouest et du centre sont ceux où il y a le