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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 8.djvu/339

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Lady Janet répondit par un nouveau sourire, plein d’une douceur qui eût été vraiment exemplaire, si quelque malice ne s’y était mêlée quand elle ajouta :

— C’est bien, major Rattle O’Donageugh, vous parlez convenablement et en véritable époux. Il est bon pourtant de vous le dire : vous n’êtes pas plus mon mari que celui de Madge que voici. Si vous êtes assez habile pour produire l’acte de notre mariage, oh ! je vous donne alors volontiers tous mes biens à manger, car vous savez si je suis généreuse, et je n’ignore point que vous avez grand appétit. En attendant, au revoir, major Rattle O’Donageugh ; au revoir.

Et les deux bonnes vieilles se mirent à rire aux éclats et sans pitié.

Il faudrait un volume entier pour raconter les fureurs et le désespoir du gentleman, ainsi que les vains efforts tentés par lui afin de prouver la réalité d’un mariage qui n’avait jamais existé. Nous ajouterons seulement que lady Janet voulut faire la paix avec sa conscience en passant le reste de ses jours dans son château d’Ecosse, et en appelant tous les pauvres du pays au partage de ses immenses revenus.


Mrs TROLLOPE..