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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/721

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d’ouvrages avec tous leurs détails, autrement on ne donnerait point l'idée de la souplesse et du fini de leur tissu. Un jour ou l'autre, au surplus, en dépit des scrupules de la modestie, quelque charitable contrefaçon livrera Sœur Inès à la publicité qui la réclame. Il sera permis à chacun de jouir de ce délicieux livre, et personne n’ignorera plus que son auteur est une femme, qui, placée déjà bien haut dans le monde par sa beauté, sa naissance et sa fortune, s'est élevée plus haut encore par la noblesse de son âme, les charmes de son esprit, et la perfection de ses talens. Mais nous en avons déjà trop dit, et voilà que nous avons été indiscrets sans le vouloir.

Passons bien vite aux Poésies de M. Amédée Pommier [1]. Ce n'est pas au moins par le manque de confiance et la timidité que pèche l’éditeur de ce petit volume. Il est touchant et beau cependant de voir un libraire ayant ainsi foi en son poète. Cela est devenu rare. « L'auteur de ces poésies, » s'écrie donc d’abord M. Abel Ledoux, dans son Avertissement au lecteur, « l'auteur de ces poésies s’est fait connaître récemment par deux articles insérés dans le livre des Cent et un, et qui se distinguent par le talent d'observation, par la frappante vérité des tableaux, etc. Les poésies qu'on va lire », ajoute l'éditeur, « sont d'un ton absolument différent, au point que si l’auteur ne se fût pas nommé, on n’eût guère pu se douter qu’elles sortaient de la même plume. Ce sera un nouvel exemple à ajouter à ceux que notre siècle présente en assez grand nombre et qui étaient rares autrefois, je veux parler des écrivains qui manient avec une égale facilité la prose et le vers. »

Suit le programme des diverses pièces qui composent le volume, avec un coup de trompette bien éclatant en l'honneur de chacune. L'avertissement se termine par ces mots : « Ou tout sentiment d'art et de poésie est éteint parmi nous, ou le public encouragera de son suffrage l’incontestable talent qui brille dans le recueil que nous mettons sous ses yeux. »

Nous avons cité textuellement quelques passages de cet

  1. Chez Abel Ledoux