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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/449

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ennemis du jour où vis les attaqueront ; et après avoir enrôlé un certain nombre de jeunes gens, ils s’embarquent dans leurs canots pour se rendre au lieu du combat. En arrivant au village ennemi, ils entrent en pour-parlers, et tâchent de terminer la querelle à l’amiable par une négociation. Quelquefois une tribu neutre se charge du rôle de médiateur. Mais si ses efforts sont inutiles, on se prépare de part et d’autre au combat ; si le jour est avancé, on attend jusqu’au lendemain matin, et les deux camps passent la nuit à pousser des hurlemens horribles et à s’injurier mutuellement. Ces sauvages combattent en général de dedans leurs canots, qu’ils ont soin d’incliner d’un côté en présentant le flanc le plus élevé à l’ennemi. Il y a généralement peu de sang répandu dans ces combats, protégés comme le sont les combattans par leurs canots et par des armures impénétrables aux flèches. Dès qu’un ou deux guerriers succombent, le parti auquel ils appartiennent s’avoue vaincu, et le combat cesse. Si les assaillans ne réussissent pas, ils retournent chez eux sans la satisfaction qu’ils demandaient ; mais s’ils sont vainqueurs, ils reçoivent du parti vaincu de nombreux présens, outre ceux qu’ils exigeaient dans leur première demande de satisfaction. Les femmes et les enfans sont toujours renvoyés avant que l’engagement ne commence. Les armes des Ckinouks sont l’arc et la flèche et uns espèce d’épée à deux tranchans de deux pieds et demi de long sur six pouces de large ; mais il est rare qu’ils combattent d’assez près pour en faire usage. Leur armure consiste en une espèce de corset de peau de daim.

Le 5 août 1814, les négocians quittèrent de nouveau le fort Astoria pour rentrer dans l’intérieur. Une nouvelle attaque des Indiens les arrêta pendant la nuit, au second portage ; mais les sauvages furent délogés à coups de fusil ; malheureusement un pauvre Canadien, qui avait été placé en sentinelle, avait été grièvement blessé d’un coup de feu, et mourut au bout de quelques heures ; ce fut le premier indice que les Indiens eussent aussi des armes à feu.

Les Wallah-Wallah furent fort étonnés à la vue d’un coq, de trois poules, de trois chèvres et de trois cochons qu’avaient