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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/410

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UNE JEUNE POETE ANGLAISE.




Il y a quelques années que parut à Londres le poème de l’Improvsatrire. L’auteur en était inconnu ; le frontispice portait seulement ces initiales : L. E. L. ; mais le brillant succès de ce volume et de ceux qui le suivirent ne permit pas au poète de demeurer long -temps caché. Le nom de miss Laetitia Landon est aujourd’hui si connu en Angleterre, que, malgré le modeste incognito dont elle continue à le couvrir, je ne crains pas de commettre une indiscrétion en le révélant ici. Sans cette grande raison du sans-nom, les productions de l’aimable poète seraient sans doute aussi répandues parmi nous qu’elles le sont chez nos voisins ; mais là le mystère dont s’entoure un auteur offre un appât de plus à l’imagination ; ici, au contraire, le public veut savoir à qui s’en prendre de son ennui ou de ses plaisirs ; l’anonyme le refroidit, le pseudonyme lui semble une mystification ; aussi le nom de sir Walter Scott figurait déjà en tête des traductions françaises de ses romans, que l’Angleterre s’épuisait encore en suppositions merveilleuses sur le grand inconnu. Ceci ne viendrait-il point de ce que notre nation, l’une des moins artistes