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Page:Revue des Deux Mondes - 1832 - tome 6.djvu/231

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Ne se plaise pas au saint lieu ;
Mais que sa bouche si jolie,
Pour ‘un baiser d’amour, oublie
De prier Dieu ;

Pardon ! car son âme innocente
Aime la walse bondissante ;
Son cœur est pur et satisfait.
Et quand son âme ainsi s’envole,
Elle ne sait pas, la frivole,
Ce qu’elle fait.

Pardon ! car la fleur que l’aurore
De ses larmes a fait éclore,
Ne doit pas encor se flétrir ;
Vienne la fin de la journée,
Alors la pauvre fleur fanée
Pourra mourir.

Mais maintenant son âme aimante
A trop de bonheur qui fermente ;
Son jeune front est trop vermeil.
Ce serait pitié, la pauvrette,
Qu’on ne laissât pas la fleurette
Voir le soleil !

Une surtout ! — Sur cette terre
Dieu m’avait jeté solitaire,
Triste et dans mon âme enfermé.
Un soir, j’eus des rêves étranges.
Mon Dieu ! je vis un de tes anges,
Et je l’aimai.

Grâce pour nous ! grâce pour elle !
Pour nous emporter sur son aile,