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et de certains intérêts généraux qu’ils ne doivent pas cesser de défendre, quand ils ont une fois embrassé leur cause. » Je trouve dans ce livre de vives agressions contre le ministère du côté droit, des portraits assez piquants de M. Lainé, de M. de Serre et du duc de Richelieu, une théorie de la légitimité dont je reparlerai plus loin. En 1821 M. Guizot fit paraître une nouvelle brochure intitulée : Des moyens de gouvernement et d’opposition dans l’état actuel de la France. Mornes idées à-peu-près que dans le premier ouvrage, avec la même disposition, peut-être plus prononcée encore, à se placer entre l’ancien régime et la révolution française pour les catéchiser tous les deux. Cependant l’honorable publiciste ne se contentait pas de cette polémique. A la même époque, il professait avec éclat l’histoire moderne ; le premier, il faisait passer dans l’enseignement la connaissance dvi régime municipal de l’empire romain, et de l’état social de la France, depuis le cinquième jusqu’au dixième siècle, en s’appuyant des travaux de Roth, d’Eicchorn, d’Hullmann et de Savigny ; le premier encore, il exposait les causes du gouvernement représentatif en Angleterre. Exilé de sa chaire, il se livra à de vastes entreprises littéraires ; il remit à neuf la traduction de Shakespeare par Letourneur, en y ajoutant des notices ; il publia une collection des mémoires relatifs à la révolution d’Angleterre ; enfin il écrivit un livre, véritable titre littéraire, l’Histoire sur la révolution anglaise, depuis Charles P ; jusqu’à Jacques II, histoire grave que j’appellerai volontiers pragmatique, suivant l’expression des anciens, et dont les deux premiers volumes, les seuls publiés, annonçaient à la France un écrivain d’une sagacité profonde, tellement riche en ressources, qu’elle pouvait compenser les autres qualités qu’on cherchait auprès d’elle. J’allais omettre une édition des Observations de Mably et une brochure qui honore le caractère de M. Guizot, De la peine de mort en matière politique.

C’est avec un plaisir intime et sincère, monsieur, que je prolonge cette énumération des travaux de M. Guizot : voilà l’époque où cet écrivain travaillait noblement à sa