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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/625

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Chroniques de France.




Notre pauvre histoire de France, grâce à MM les historiographes patentés, a acquis, près des femmes surtout, une réputation d’ennui, qui depuis deux siècles soutient avec avantage la comparaison contre toute réputation de ce genre. La paresse qui leur est naturelle, et qui, comme presque tous leurs défauts, est encore un de leurs charmes, le peu de temps qui leur reste entre la toilette du matin, les courses ou le rendez-vous de la journée, et le bal du soir, étrangle toute occupation sérieuse, et leur fait négliger d’aller chercher le vrai et le pittoresque dans ces merveilleux mémoires du moyen âge, où dès la première page elles craignent de rencontrer une fatigue. Puis après tout, à quoi bon la science à cette moitié du monde qui n’a qu’à sourire pour être belle, qu’à se coucher à demi pour être gracieuse, qu’à marcher pour être élégante ? à qui l’on ne demande, pendant ses quinze ans de jeunesse et de beauté, qu’un sourire qui encourage, qu’un regard qui enhardisse, qu’un mot qui rende heureux. Est-ce ensuite à l’épouse, avec son bouquet d’enfans groupés autour d’elle, comme des boutons sur une tige, qui découvre son sein pour allaiter l’un, tend sa main aux lèvres de l’autre, suit des yeux avec inquiétude un troisième ; à l’épouse dont les jours regorgent de joie, d’amour et de craintes, que vous oserez dérober une