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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/596

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très-naturellement. La petite rivière Menai se jette dans le Quorra immédiatement au-dessous de Boossa, et comme il est nécessaire de la traverser pour arriver du sud en cette ville, Clapperton supposa que le Menai était un bras du grand fleuve. « Ce matin, dit Lander, j’ai vu le fameux Niger ou Quorra, qui coule au pied de la ville, à peu près à un mille de notre habitation, et je suis très-surpris de son peu de largeur. D’âpres rochers noirs s’élèvent à pic du milieu du courant, et sa surface est agitée par des tournans rapides. Ici, dans sa plus grande largeur, à la fin de la saison sèche, il n’a pas plus d’un jet de pierre. Le roc sur lequel je me suis assis domine l’endroit où Mungo-Park et ses compagnons trouvèrent la mort. »

De Boossa à Yaoori ils remontèrent le fleuve en canot : des rochers, des bancs de sable, et de petites îles basses, le partagent en de nombreux canaux. Ces îles sont couvertes de gazon très-haut, et partout l’eau est si peu profonde, que souvent le canot touchait le fond. Cependant on leur dit à Yaoori qu’au-dessus de cet endroit et au-dessous de Boossa, la navigation n’était gênée ni par des rochers, ni par des bancs de sable, et qu’après la saison des pluies, tous les canots vont et viennent facilement entre Yaoori, Nyffe, Boossa et Funda.

C’est aussitôt après les pluies, dit Lander, que le fleuve emporte, par la masse et la rapidité de ses eaux, toutes les herbes qui poussent annuellement sur ses bords. Il couvre alors tous les rochers et toutes les îles basses, qui n’arrêtent plus la navigation, et sur lesquelles on peut passer sans crainte. Il y a déjà long-temps, un grand bateau chargé de marchandises arriva de Timboctoo à Yaoori ; quand elles furent vendues, les matelots retournèrent par terre dans leur pays, assurant qu’ils ne pouvaient suffire à la peine de remonter le courant à une si grande distance ; et ils laissèrent leur bateau à Yaoori. De là à Soccatoo, quand on ne s’arrête pas sur la route, le trajet peut se faire en cinq jours, et c’est le temps qu’y mettent les naturels du pays.