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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/577

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d’autres rivières qui se jettent aussi dans l’océan. Le capitaine Stirling remarque, à l’appui de cette supposition, que sur la côte occidentale, entre le cap nord-ouest et le détroit de Clarence, dans une étendue de plus de 1 000 milles, on aperçoit distinctement de fort grandes ouvertures encore inexplorées, où l’œil n’est arrêté par aucune terre, et qui pourraient servir d’embouchure à des fleuves immenses ; toute cette côte est bordée d’îles nombreuses, séparées par des canaux profonds, où, selon l’expression du capitaine King, le courant s’élance avec une rapidité effrayante. Ce navigateur suppose que la grande étendue de terre appelée Terre de Dampier, du cap Levique à la pointe Gantheaume, est une île, derrière laquelle est une ouverture d’au moins huit milles de largeur ; là, comme dans l’archipel des Boucaniers, il trouva des marées de trente-six pieds, tandis que sur d’autres points delà côte, elles n’en avaient pas plus de huit ou neuf. D’après ces phénomènes, le capitaine King, de son côté, arrive aux mêmes conclusions que l’ancien navigateur Dampier. Tout ce qu’on sait aujourd’hui de cette grande ouverture, touchant sa largeur, la rapidité du courant, et l’élévation des marées, fait supposer l’existence d’un golfe très-étendu. Mais la côte est dangereuse, et ne peut être relevée qu’en bateau, ou à terre le long du rivage.

La colonie de Swan-River, établie depuis deux ans, était dans un état de prospérité progressive, et son avenir paraissait plus brillant et plus assuré que jamais. Le capitaine Stirling annonçait, dans une lettre particulière, qu’il venait de former un nouvel établissement auprès de la Baie-Dangereuse de Flinders ; une centaine de personnes y vivaient fort heureuses ; les vaisseaux y trouvaient de l’eau excellente, du bois et des légumes. Il donne, dans la même lettre, quelques détails sur les découvertes qu’il a faites depuis la fondation de cet établissement. La chaîne des montagnes Darling est large d’environ trente-six milles ; au-delà, vers l’orient, s’étend un fort beau pays très-varié ; les vallées et les plaines