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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/450

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Quant à sa forme, elle est très-irrégulière ; large et étroite, elle forme un arc dont la partie convexe est exposée au nord. Saint-Cristobal de la Havane est la capitale de l’île, et la résidence du capitaine-général, gouverneur de la place, actuellement Vives. C’est une place-forte, et son port est un des plus sûrs de toute l’Amérique ; son entrée est étroite et entourée des forts et châteaux Morro, Cabanas, Principe et Punta. La beauté de ce port est assez connue : ces forts et ces édifices élevés sur les rochers ont un certain air mauresque qui me plaisait, surtout à moi, tout fraîchement sorti de la simple et mesquine architecture des Etats-Unis.

Nous jetâmes l’ancre à côté du Guerrero, vaisseau de 74, et en un instant nous fûmes entourés d’un essaim de bateaux bien peints, surmontés de tentes de diverses couleurs, qui venaient nous prendre pour nous conduire à terre. Arrivés au quai, où sont amarrés des centaines de bâtimens venus de tous les points du globe, nous eûmes fort à faire pour défendre nos bagages contre tous les nègres, qui voulaient les porter malgré nous. Un soldat qui se trouvait là nous fit jour avec sa canne, et le tout fut chargé sur une charrette traînée par un mulet. Nous traversions la foule, les nègres, les voitures, les sacs de café et les caisses de sucre, quand on nous cria d’arrêter. C’était un douanier, qui eut la bonté de ne pas me visiter. Il était à dîner ; il se rassit, m’invita à prendre place à table, et se remit à manger, sans attendre même ma réponse. La proposition me parut singulière. On me dit plus tard que l’habitude espagnole était toujours d’offrir, mais qu’il ne fallait jamais accepter.

En sortant de la douane, je traversai la plaza de