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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/428

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REVUE. — CHRONIQUE.

peu près de la même manière : Pour éviter le choléra-morbus, il faut d’abord se bien porter. Merveilleusement raisonné, docteurs !

L’ordre règne toujours à Varsovie. Sa Majesté impériale de toutes les Russies se fait adresser chaque jour des vœux ardens par son peuple chéri, pour que Varsovie n’ait pas plus de constitution que Moscou même. L’empereur Nicolas n’a rien à refuser à ses sujets ; ne pouvant donner de constitution à la Russie, il ôtera celle qu’il a promis de laisser à la Pologne : faible consolation de tout ce qu’elle avait espéré et souffert !

À Constantinople, on brûle beaucoup : on compte déjà vingt-cinq incendies en grand. Le sultan est aux abois, et ne sait comment porter remède à ces feux soudains qui éclatent et dévorent des quartiers entiers. Tout Pera a été brûlé : ceci est une histoire à propos de paras. Quand sa hautesse voulut avoir des janissaires à l’européenne, elle promit d’abord trente paras à chaque janissaire ; bientôt elle réduisit ces trente paras à vingt-cinq, il y eut trois incendies pour cinq paras ; de vingt-cinq, les paras furent réduits à vingt, il y eut quinze incendies pour dix paras : quand les janissaires n’eurent plus à espérer que quinze paras, le nombre des incendies s’éleva jusqu’à trente. Apprivoisez donc des janissaires ! Payez bien cher des généraux français pour leur apprendre l’exercice et la discipline ! Voulant aussi rétablir l’ordre de son mieux, le sultan a ordonné à chaque habitant de Constantinople d’allumer une lanterne devant sa maison, et de se tenir nuit et jour sur sa porte pour arrêter les incendiaires. Je ne sais pas combien les incendiés seront obligés de payer de paras.

On dit même que dans la Chine, ce royaume incombustible, un léger accès de fièvre s’est fait sentir. Le peuple s’est donné une petite secousse à propos des Anglais ; il a déjà brûlé quelque chose, comme si Constantinople et Bristol l’empêchaient de dormir ! Si la Chine était en révolution, quelle belle révolution à raconter ! C’est si monotone une révolution