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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/410

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mis à la mer vers dix heures, j’avais fait mes préparatifs, fait disposer des bouteilles, des flacons, des boîtes de fer-blanc ; nous prîmes des thermomètres, et une machine faite à bord pour puiser l’eau à différentes profondeurs. Cette fois, le capitaine confia la conduite de l’expédition à deux de ses officiers, MM. Aragon et Barlet ; MM. de Franlieu, élève de première classe ; Baud, chirurgien-major ; Derussat, commissaire, nous accompagnèrent ; nous fûmes conduits par le maître canonnier et huit matelots d’élite, parmi lesquels se trouvaient les deux qui avaient été à terre le jour précédent.

Cette petite expédition était une véritable fête pour tout l’équipage. On embarqua une barrique d’eau, du vin, de l’eau-de-vie, du biscuit, et nous partîmes gaîment avec l’assurance que notre excellent capitaine, qui allait veiller sur nous, nous enverrait des secours, si nous en avions besoin.

Les observations faites les 26, 27 et 28 par le capitaine, observations dont je n’entretiendrai pas l’Académie, parce qu’elles sont l’objet d’un rapport détaillé que M. La Pierre envoie en même temps que le mien au ministère de la marine, l’ayant convaincu que le nouveau volcan n’est pas placé sur le point où Smith indique dans sa carte marine le banc de Nérita ; qu’au contraire, cet îlot volcanique est situé sur un fond qui avait cinq à sept cents pieds d’eau, nous pensâmes ensemble qu’il y aurait de graves inconvéniens pour les marins à donner à la nouvelle île le nom de Nérita, qui a déjà été proposé ; et comme le phénomène a paru dans le mois de juillet, nous convînmes de désigner la nouvelle île sous le nom de Julia, nom sonore dont la terminaison italienne et harmonieuse peut facilement être adoptée par les habitans les plus rapprochés ; en conséquence, nous préparâmes, pour le cas où nous serions assez heureux pour aborder, une planche de deux pieds de long ; sur la partie moyenne peinte en blanc, j’écrivis moi-même en lettres de trois pouces de long :