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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/309

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une course de taureau.

Il était ce qu’en langage tauromachique on appelle coiffé.

Alors vint un obscur torero, assassin vulgaire, qui lui enfonça une épée dans le côté à plusieurs reprises.

Le taureau tomba.

Ce fut ensuite une terrible tâche que d’arracher de son corps ces dogues acharnés ; il fallut que plusieurs chulos les tirassent chacun par la queue de toute leur force ; cependant, à peine les deux premiers chiens eurent-ils été séparés de leur victime, ils tombèrent épuisés et à moitié morts, et il fallut que leurs gardiens les emportassent dans leurs bras.

Ils furent, à leur passage, salués par les applaudissemens du peuple.

Ils s’étaient bravement conduits, en vrais et bons chiens.

V.
La mort d’un Cheval.

Ce taureau une fois enlevé par les mules, il nous en revenait un encore, — le septième.

Le jour commençait à baisser. Il n’y eut point de temps perdu. La porte du toril s’ouvrit, un beau taureau de Ciudad—Real s’élança dans l’arène.

Il se jeta d’abord, furieux, sur le premier picador Sevilla, que d’un choc il renversa avec son cheval ; puis il courut à l’autre picador.

Sevilla fut bientôt relevé par les chulos qui l’avaient entouré. Il voulut remonter sur son cheval, mais le pauvre animal ne se traînait plus qu’à peine ; il était blessé, et blessé à mort : ses entrailles lui sortaient du ventre et balayaient la terre.

C’était horrible à voir ; — cependant je regardais attentivement. — comme malgré moi.