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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/232

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REVUE. — CHRONIQUE.

Tramant quelque complot de sa main déloyale,
Tentait de mettre à mort ma personne royale,
Certe, il aurait à craindre un combat meurtrier :
Moi, vêtu de velours et lui couvert d’acier !…

(S’appuyant sur son épaule.

Vieux fou !…


LE COMTE.

L’État n’irait que mieux, je le présume,
Sire, si tous les deux nous changions de costume :
Ces corcelets d’acier, quoiqu’ils soient un peu lourds,
À la taille d’un roi vont mieux que du velours.

Certainement cela est noble, et beau et touchant. La vieille féodalité française est bien prise sur le fait. Et, plus tard, lorsque le roi est au bras d’Agnès, ivres d’amour tous les deux, tous les deux regardant le ciel, comme Roméo et Juliette, le vieux comte de Savoisy entre brusquement dans la chambre, voici le dialogue qui s’établit entre le roi et le vieux seigneur :


LE ROI

Qui donc entre ici sans mon ordre ? Mon hôte,
Est-ce vous ?… Les valets en ce château font faute,
Que sans être annoncé l’on entre près du roi.


LE COMTE.

Sire, écoutez ce bruit, car il vient comme moi,

(On entend le canon.)

Sans que votre pouvoir l’intimide, vous dire,
Comme je vous ai dit, moi : « Réveillez-vous, sire ! »


LE ROI

N’est-ce donc pas le bruit de la foudre ?


LE COMTE.

N’est-ce donc pas le bruit de la foudre ? Non !


LE ROI

N’est-ce donc pas le bruit de la foudre ? Non ! Non ?…


LE COMTE.

Écoutez encore !