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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/197

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deurs et des rayons, lorsqu’elle est pénétrée de la substance qui la nourrit ; de même je sens s’éteindre les éclairs de l’inspiration et les clartés de la pensée, lorsque la force indéfinissable qui soutient ma vie, l’amour, cesse de me remplir de sa chaleureuse puissance ; et lorsqu’il circule en moi, toute mon âme en est illuminée, je crois comprendre tout à la fois l’éternité, l’espace, la création, les créatures et la destinée ; c’est alors que l’illusion, Phénix au plumage doré, vient se poser sur mes lèvres , et chante.

Mais je crois que lorsque le don de fortifier les faibles commencera de tarir dans le poète, alors aussi tarira sa vie ; car s’il n’est bon à tous, il n’est plus bon au monde.

Je crois au combat éternel de notre vie intérieure, qui féconde et appelle contre la vie extérieure , qui tarit et repousse, et j’invoque la pensée d’en haut, la plus propre à concentrer et rallumer les forces poétiques de ma vie, le dévoûment et la pitié.

— Tout cela ne prouve qu’un bon instinct, dit le Docteur noir ; cependant il n’est pas impossible que vous soyez poète, et je continuerai. — Et il continua.