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cultivée dans toute l’étendue de l’Espagne, et les riches vendanges des côtes s’exportent dans toutes les parties du monde. « Mais les vins les meilleurs et les plus généreux (dit l’auteur d’une Année en Espagne), se récoltent dans la haute et sèche région de l’intérieur, et, en raison de la difficulté des communications, ces vins, dont les frais de transport absorberaient la valeur, sont consommés dans le district qui les a produits. »

Il est permis, au surplus, de révoquer en doute la justesse de cette opinion. A une seule exception près, en faveur des crûs de Valdepènas, dont la qualité supérieure est universellement reconnue, il n’est point de vins en Espagne auxquels les connaisseurs donnent la préférence sur les vins de Chérès, de Rota, de Malaga, d’Alicante et de Malvoisie.

Les autres productions du sol sont l’avoine, l’orge, le maïs, le riz, l’huile, le miel, le sucre, le chanvre, le lin, l’esparto, espèce de jonc particulier au pays, le liège, le coton, la soie, le sumach et la soude, sans parler des laines, dont l’excellence ne peut être contestée. Les forêts qui couvrent les sommets des hautes montagnes, et qui, par leur élévation, ont échappé à la manie destructive du peuple, suppléent au charbon de terre, seul combustible en usage dans le pays, et fournissent d’ailleurs le bois de construction pour les vaisseaux. Les fleurs et les plantes médicales naissent sans culture sur le flanc des montagnes, et la brise du soir est chargée de leurs parfums.

L’Espagne ne le cède à aucun pays pour l’abondance, la variété et la saveur de ses fruits. Outre les différentes espèces qui sont communes aux climats tempérés, elle en possède plusieurs qui appartiennent plus spécialement aux régions des tropiques. La figue, la grenade, le limon, l’orange et le citron, la date, le plantain et la banane trouvent un sol et un climat propices dans certaines parties de la Péninsule. Frappé de cette variété, un écrivain français [1] a essayé de

  1. M. Bory de Saint-Vincent.