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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/147

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l’atmosphère, toujours moins variable sur les bords de la mer que dans l’intérieur des terres, est aussi beaucoup plus uniforme sur les côtes de l’Espagne que dans les différentes provinces de ce royaume. Les côtes de l’ouest et du nord ne sont guère exposées qu’aux vents qui soufflent de l’ouest : ces vents, chargés de l’humidité qu’ils ont absorbée dans leur passage sur l’Atlantique, se résolvent en pluies abondantes pendant l’hiver et le printemps. L’atmosphère est plus calme sur les côtes de la Méditerranée, où les vents qui viennent assez ordinairement de l’est, n’acquièrent jamais ce degré de violence qu’ils exercent à l’extrémité de la Péninsule, particulièrement à Cadix. Ainsi les côtes de la Catalogne, celles des royaumes de Valence, de Murcie et de Grenade, jouissent d’une température douce qui descend rarement au-dessous de 10 degrés, et se maintient au-dessus de 21 degrés de Réaumur. L’hiver est à peu près inconnu sur une terre abritée par les montagnes du centre, et réchauffée par les rayons d’un soleil sans nuage. Sur le plateau des Castilles, dont la moindre élévation excède huit cents pieds au-dessus du niveau de la mer, La chaleur s’accroît dans une proportion moins rapide ; et ce n’est que vers le commencement de juin que l’atmosphère, devenue plus calme, se soutient à une température qui varie de 21 à 26 degrés, et qui monte jusqu’au trentième degré de Réaumur. Au mois d’août, la fraîcheur des nuits disparaît, pour ainsi dire, avec l’aurore, et se fait de nouveau sentir vers le soir après le coucher du soleil, ce qui amortit considérablement la chaleur du jour.

Excepté dans les provinces du nord, le climat de l’Espagne est remarquable par sa sécheresse. L’absence des pluies et de toute humidité, un ciel pur et transparent, sont des avantages dont on doit tenir compte ; mais cette sécheresse, lorsqu’elle devient excessive, dégénère en une dévorante aridité, qui tarit les fleuves, étouffe la végétation, tue les hommes et les animaux, dont la soif ne trouve plus où s’étancher. Les annales de l’Espagne fournissent plusieurs