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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 4.djvu/127

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VOYAGE A LA TÊTE-NOIRE.


(1826.)





A M. VICTOR HUGO.

Vous conveniez avec moi l’autre jour, mon bon ami, qu’il est difficile de comprendre au pied du Mont-Blanc les prétentions ambitieuses de la peinture, de la poésie, de la prose pittoresque. Vous vous étonniez de contempler pour la première fois tant de choses qui ne se peignent pas, qui ne se décrivent pas, dont on ne peut exprimer l’effet par aucun des artifices que le génie a enseignés à l’homme, tableaux sublimes que toutes les imitations rapetissent, que la copie la plus heureuse appauvrit ou dénature ! Je crois qu’il faut aux arts d’imitation des objets bornés, sur lesquels notre imagination puisse s’exercer sans avoir à lutter avec une nature trop puissante. L’admiration que nous éprouvons devant ces