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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/85

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que chez les tribus sauvages de l’Amérique du nord, la musique populaire était une réunion de voix et d’instrumens, et faisait partie du culte qu’on rendait à la Divinité.

Les Indiens semblent avoir également quelques usages des anciens Romains : comme eux, ils marquent la mesure en dansant par de petits grelots qu’ils attachent à leurs pieds. Ils ont leur coryphée qui frappe sur un tambour, et leur manuductor qui préside à la danse. Par une singularité assez remarquable, celui-ci tient à la main un gros fouet comme celui de nos postillons.

On danse aussi, non-seulement aux mariages, aux fêtes et dans une foule de cérémonies semblables, mais encore à l’occasion de certaines maladies, circonstance dont j’ai été témoin pendant mon séjour chez les Cypohais. Une femme était malade : le médecin fit appeler un certain nombre de ses parens et de ses amis, qui dansèrent en cercle autour d’elle, en jetant sur son corps des herbes, des écorces d’arbres, des racines. Ils soufflèrent aussi sur ses membres avec un tuyau de pipe, la secouèrent, et le médecin souffla dans sa bouche pour chasser le mauvais esprit, qui, disait-il, la possédait. Tout ce traitement ne fit que hâter sa fin, car la pauvre femme expira au milieu de l’opération.


BELTRAMI.