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ils n’en ont d’autres que des espèces de castagnettes et des capsules en parchemin, dans lesquelles sont renfermées quelques graines, dont le bruit sert à marquer la mesure au danseur, qui tient cet instrument dans la main droite. C’est ce qu’on appelle le chichikoë.

La danse de guerre ne peut être exécutée que par des guerriers. Les femmes et les vieillards se rangent derrière eux, et se contentent de répondre en chœur au chant, dont on ne peut se former une idée assez exacte qu’en se figurant la mélodie qui fit tomber les murs de Jéricho. Un jeune enfant précède les guerriers, portant les castagnettes ou le chichikoë. C’est l’enfant aux visions. On suppose que les esprits le visitent pendant la nuit, et le rendent le dépositaire des bons ou des mauvais présages. La troupe s’avance sur deux files, si elle est nombreuse, sur une dans le cas contraire, et se forme ensuite en cercle ; l’enfant, les yeux attachés à la terre, prononce des mots incohérens que personne ne comprend, qu’il ne comprend pas lui-même, mais que les prêtres se chargent d’expliquer. Pendant ce temps, les danseurs tournent en cercle lentement et en cadence. Mais le moment où le petit oracle lève les yeux est le signal d’un chant où l’on met toute l’exaltation possible, et de sauts lourds et précipités qui laissent sur le sol, théâtre de cette danse, la même empreinte qui s’y trouverait après les manœuvres d’un régiment de cavalerie.

Il est à remarquer que les anciens Grecs se servaient dans leurs danses de capsules en peau ou en parchemin, comme celles des sauvages, et de castagnettes. Ces dernières, comme celles des Indiens, étaient faites de coquilles ou d’os d’animaux. Chez les Grecs encore, ainsi