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l’est et à l’ouest, ensuite perpendiculairement au ciel et à la terre, invoquant ainsi le Grand-Esprit ou le soleil, et les bons et mauvais esprits. Il l’envoya ensuite, par le chef de ses guerriers, au chef délégué par les Cypohais. Celui-ci le présenta au major Tagliawar, et le calumet, de bouche en bouche, passa ainsi à la ronde dans toute l’assemblée. La cérémonie se termina par une distribution d’eau-de-vie que fit faire le major.

Lorsque les sauvages concluent la paix sans médiation étrangère, c’est ordinairement dans les bois que se tient la conférence, et quand le traité est arrêté, on l’inscrit sur les archives ordinaires, c’est-à-dire qu’on grave sur le tronc d’un arbre quelques caractères pour perpétuer le souvenir de cet évènement. C’est notre pace celebrata die, etc.

Un Cypohais m’assura que sa nation avait été en guerre avec celle des Sioux pendant plus de trois mille lunes. Il s’ensuivrait que la date de leurs guerres remonterait, à peu près à l’époque de la conquête du Mexique. Il paraît en effet probable qu’à cette époque les Sioux ou Dacotas fuyant devant les conquérans de leur patrie, envahirent une partie du territoire des Cypohais, et l’ont conservée jusqu’à ce jour. Ceux-ci massacrés ou chassés de leur asile, durent jurer à leurs persécuteurs une haine qui s’est transmise de père en fils, et n’est point encore éteinte.

Parmi les Cypohais, comme chez presque toutes les autres tribus voisines, la danse précède, accompagne ou termine toutes les cérémonies politiques et religieuses. Je ne dirai pas qu’ils chantent, car ce qu’on pourrait appeler chant n’est chez eux qu’une espèce de hurlement ou de glapissement. Quant à leurs instrumens,