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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/66

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eh bien ! les habitans de Navarin ainsi que tous les officiers de la flotte confondirent le bruit causé par un tel désastre avec les coups de tonnerre qui l’avaient suivi et précédé.

La journée du 3 octobre fut par nous consacrée à la recherche des mines de fer et d’argent qui se trouvent dans le voisinage de Sunium : bien qu’elles soient beaucoup moins riches que celles de Siphno, nous étions curieux d’examiner si les nouveaux procédés appliqués à leur exploitation ne pourraient point offrir à la Grèce, ou à quelque compagnie, des résultats avantageux. La quantité prodigieuse de broussailles qui couvrent de tous côtés le pays ne nous permit pas, malgré nos recherches, d’en reconnaître l’ouverture. Aucun habitant ne se trouvait dans le voisinage pour nous les indiquer, et les pêcheurs ne connaissaient point leur situation. L’un d’eux nous apprit seulement qu’un jeune officier anglais débarqué à Port-Mandrier, en chassant avec trop d’ardeur, avait subitement disparu, et était tombé dans un des grands puits couverts de verdure qui se trouve dans les environs du cap.

La durée des tempêtes de nord n’excède guère ordinairement trois journées ; cependant nous étions dans la saison des équinoxes, et le mauvais temps pouvait se prolonger. J’envoyai mon domestique grec au village d’Alopexi, pour se procurer des provisions fraîches et du pain ; car, d’après les habitudes de la marine autrichienne, nous ne mangions à bord que du biscuit. Il rencontra dans ce village, situé à douze milles au nord-est du lieu de débarquement, quelques matelots du Palinure. Ce brick, après avoir fait plusieurs avaries et passé une nuit affreuse, avait été trop heureux de pouvoir se réfugier à Port-Mandrier. Mon