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Vavaoo. Le roi finit par agir en père ; les conditions furent refusées, et l’envoyé revint à bord sans avoir couru de grands dangers. On l’avait empêché soigneusement d’avoir aucune communication avec les déserteurs.

Il fallut avoir recours à d’autres moyens : deux grandes pirogues de guerre, des îles Hapace, se trouvaient au mouillage entre le Rambler et la côte. Si l’on parvenait à s’en saisir, elles devenaient d’excellens otages, car Howloulala, étant cause de leur capture, devait s’attendre à voir bientôt fondre sur son île toutes les forces des îles Hapace. Des coups de fusils furent tirés pour faire évacuer ces pirogues ; mais les hommes chargés de leur garde se jetèrent dans l’eau du côté du rivage, et abrités par elles, parvinrent adroitement à les haler à terre.

Powell, désespéré de ce mauvais succès, assembla ses officiers pour leur peindre sa position. Chargé par une famille respectable de veiller sur un enfant chéri, envisageant cette responsabilité dans toute son étendue, il se croyait obligé honneur à n’épargner aucun effort pour arracher l’imprudent au sort qu’il se préparait. Il demandait si tout autre à sa place ne serait pas entraîné par les mêmes scrupules et ne ferait pas usage de tous les moyens pour s’assurer quelque otage. Quant à lui, mettant de côté tout intérêt personnel, il lui semblait honorable de seconder un pareil projet ; il n’hésiterait à le faire pour personne.

Le capitaine Powell avait beaucoup d’ascendant sur ses officiers ; tous lui étaient fortement attachés ; les avis furent unanimes : on remit au point du jour les nouvelles tentatives.

Le 3 avril, au lever du soleil, beaucoup de naturels