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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/483

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Pompéi, où l’on rétablirait une partie des objets déposés aujourd’hui au Musée des Studii, à Naples. On conçoit tout l’intérêt qui s’attacherait à une création qui ferait ainsi revivre sous nos yeux l’antiquité toute entière.

De Pompéi, M. Bonucci, architecte distingué, et directeur général des excavations, nous conduisit à Portici. Vous apprendrez, Messieurs, avec plaisir que le musée de peinture qui se trouvait placé dans cette ville, exposé ainsi à une seconde catastrophe par une éruption du Vésuve, a été transféré à Naples. Les nouveaux travaux entrepris pour le déblaiement d’Herculanum méritent toute notre attention. Les fouilles avaient été jusqu’ici dirigées dans la partie supérieure à gauche des palais du roi de Naples. Elles offraient dans cette direction de grandes difficultés, d’abord à cause de l’épaisseur et de la dureté de la lave qui les recouvre ; en second lieu, par les obstacles qu’opposent les nombreuses villes répandues au-dessus du sol. On a pris le parti de diriger quelques recherches dans le quartier de Portici, qui avoisine la mer. Là, on a trouvé un terrain beaucoup plus mobile et surtout beaucoup moins élevé au-dessus des édifices qu’il recouvre. On a de plus l’avantage de n’avoir point à renverser des maisons, comme il fallait le faire dans la partie plus rapprochée du Vésuve. Des fouilles exécutées avec une assez grande célérité n’ont pas tardé à mettre au jour une fort belle habitation, soutenue par un nombre considérable de colonne d’ordre dorique cannelé. Les traces des planchers détruits démontrent que cet édifice avait deux étages ; mais tout autre vestige de ce second étage a disparu entièrement.

M. Bonucci voulut bien nous permettre de faire diriger quelques fouilles dans un appartement situé à gauche de la partie nouvellement déblayée. Ces tentatives furent couronnées du plus heureux succès. Nous trouvâmes d’abord un très-grand vase rempli de dattes et de noix carbonisées, mais dans un parfait état de conservation, ainsi qu’on peut s’en convaincre par l’échantillon que j’ai déposé dans le cabinet