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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/417

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cette communication et son seul port se trouvent dans la province basse, et par conséquent le seul endroit où, dans un pays nouveau comme le Canada, l’on puisse de long-temps percevoir un revenu pour les besoins du gouvernement. Laisser la seule clef de communication, la seule source de revenus dans la possession exclusive d’un peuple aussi anti-commercial et aussi opposé à fraterniser avec ses concitoyens britanniques que le sont les Canadiens français, c’est, suivant les pétitionnaires, le comble de la mauvaise politique. »

La seconde pétition était celle des habitans des seigneuries françaises du Bas-Canada : elle avait été rédigée dans une assemblée publique tenue à Québec le 13 décembre 1827, et était revêtue de quatre-vingt-sept mille quatre-vingt-dix signatures. Cette pétition, remplie de protestations de respect et de dévoûment pour le roi et la constitution d’Angleterre, renfermait des plaintes et des accusations d’une nature bien autrement sérieuse que celles des habitans des districts. Le tableau de l’administration du gouverneur et les griefs du peuple y étaient tracés avec une force et un degré d’aigreur qui contrastent singulièrement avec l’expression de la soumission des pétitionnaires ; ils déclaraient que le gouverneur Dalhousie avait exercé arbitrairement l’autorité qui lui était confiée, qu’il avait appliqué les deniers publics à divers objets sans l’autorisation de la législature [1] ; qu’il avait prorogé et dissous le parlement sans motif suffisant, et d’une manière contraire à l’esprit de la constitution, et qu’en raison de l’influence

  1. Le gouvernement local disposa de son autorité privée, durant plusieurs années, d’une somme de 140,000 livres sterling (3,500,000 fr.) sans l’autorisation des représentans du peuple auxquels la constitution attribue la répartition des deniers publics.