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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/395

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de s’y fixer, de défricher, dans un temps donné, une certaine étendue de terres, d’entretenir les routes, etc. Les premiers lots avaient un front de trente-huit perches anglaises le long du fleuve, et s’étendaient l’espace de mille dix-huit dans l’intérieur. Aussitôt que ces lots furent peuplés, les seigneurs en formèrent d’autres sur les derrières, qui furent habités à leur tour. Toutefois, comme il est d’usage au Canada de ne défricher que le devant de chaque lot, et de laisser quarante à cinquante acres de bois dans le fond pour les usages domestiques, l’étranger arrivant dans le pays, s’imagine qu’il n’existe point d’établissement au-delà de la contrée cultivée, c’est-à-dire à un mille environ du rivage du Saint-Laurent, où le pays présente le même aspect boisé qu’il avait à l’arrivée des premiers Européens. L’on rencontre aussi des établissemens le long des tributaires de ce fleuve, et depuis peu on a colonisé plusieurs cantons de l’intérieur.

La chaleur en été est excessive au Canada, le thermomètre y marquant souvent de 96° à 102° de Fahrenheit : mais l’air y est si pur, qu’on n’en est guère incommodé. Quand il tombe de la pluie, ce qui est fort rare, elle est le plus souvent accompagnée d’orages. La transition du chaud au froid est tellement subite, qu’on a vu le mercure baisser de 30° dans l’espace de quelques heures. En hiver, il descend une ou deux fois à 36° au-dessous de zéro, mais seulement pendant quarante-huit heures, et se tient ordinairement entre 20 et 25°. Le froid commence au mois d’octobre, lorsque le pays se couvre peu à peu de neige. On y éprouve des ouragans terribles jusqu’en décembre. Toutefois, à partir de cette époque, le ciel devient plus pur, et il règne un vent