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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/384

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côté de l’Atlantique, et les aurores boréales y sont très-fréquentes.

Les hivers précoces sont généralement longs et rigoureux à Terre-Neuve. Un hiver doux donne un été pluvieux, tandis qu’un véritable hiver amène un été sec. On sait à peu près quand il commence, mais on ne peut jamais prévoir l’époque où il finira. L’arrivée périodique sur ces côtes des îles flottantes et des champs de glace du nord en est la cause ; leur effet tend à continuer ses rigueurs, ou plutôt à en amener un second qui dure jusqu’à ce que la glace soit chassée par des vents d’ouest ou de nord-ouest, assez forts pour détacher et mouvoir ces masses énormes.

Le ciel, au nord et à l’ouest de l’île, est généralement clair et serein, tandis que l’est et le sud sur la côte sont plus sujets aux pluies et aux brumes à cause de leur voisinage des bancs. Les brumes épaisses et humides sont très-fréquentes au printemps et en automne, et rendent la navigation près des côtes très-dangereuse.

Le froid qu’apportent en hiver les vents d’ouest et de nord-ouest est rigoureux, mais sec ; celui du nord et du nord est. Est pénétrant, accompagné de tourbillons de neige qui couvrent le sol à quatre et cinq pieds, et quelquefois six et sept. Des tempêtes soudaines s’élèvent ; le vent souffle de toutes parts et chasse la neige avec furie ; les maisons craquent et vacillent et l’eau de la mer est éparpillée au loin sur la terre comme de la poussière de neige.