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les rayons du soleil, tandis qu’au nord, au contraire, la terre les reflète en toutes directions, et produit ainsi un degré de chaleur plus considérable.

L’Amérique est plus près du pôle que toute autre partie du monde, et elle s’étend prodigieusement à l’ouest. Son extrémité nord n’est qu’un groupe de montagnes élevées, couvertes de neige toute l’année. A l’ouest, dans la partie russe, il y a aussi d’énormes montagnes couvertes également de glaces au cœur de l’été. Le vent qui passe sur ces hautes régions est tellement saturé d’élément glacé, qu’il le garde même en traversant des climats plus chauds, et souvent il n’est nullement adouci en arrivant au golfe du Mexique. Un vent froid perdra d’abord évidemment de sa température, parce que dans son passage il enlèvera un peu de son calorique à la surface de la terre ; mais cette surface, une fois refroidie, s’il continue à souffler dans la même direction, il ne perdra rien de son intensité. Sur tout le continent américain, vent de nord-ouest et Très-grand froid sont synonymes ; ce vent, est le plus commun, et il y est d’une force dont aucun autre n’approche. Les grands lacs du Canada, ces mers intérieures qui s’étendent au loin dans le nord-ouest, renforcent et dirigent ces vents qui viennent porter au sud du continent le climat de la baie d’Hudson. En Europe, les vents qui apportent les frimas viennent du nord à l’est ; en Amérique, au contraire, c’est du nord à l’ouest. Alors le ciel est pur, d’un beau bleu, et les nuits sont superbes. Les astres sont plus brillans que de l’autre