Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/380

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


la baie du Diable, la baie de la Rencontre, lîle des Pigeons, des Pingouins, la baie de l’Ours blanc, des Cinq Cerfs, du Grand Bruit, de la Poyle, par sa ressemblance supposée avec une poële ; celle de la Rose blanche, l’île brûlée, la Pointe blanche, et enfin la Pointe enragée, dont la position sauvage, exposée au golfe Saint-Laurent, entourée de rochers, semble justifier ce nom, surtout quand dans une tempête, le vent souffle du sud et du sud-ouest.

Sur la côte ouest se trouve la plus grande rivière de l’île, nommée rivière Humbert, qui a trente-huit lieues de long du sud au nord…

Les côtes opposées du Labrador sont jointes à la colonie de Terre-Neuve. Il paraît, dans les plus anciennes descriptions de ces côtes, qu’elles furent toujours remarquables par la multitude de poissons, principalement de morues et de saumons qu’on y trouve, ainsi que dans les rivières. Ces côtes, les plus élevées du monde, se voient à quarante lieues en mer ; elles ont de près l’aspect le plus sauvage et le plus terrible. Le gibier y est on ne peut plus abondant, et on y trouve une grande quantité de cerfs, renards, castors, martres, etc. Cinq espèces de loups marins aussi fréquentent ces parages, entre autres une nommée par les lapons fatuc vindac, dont la tête est ronde, et dont le long groin pend comme la proboscide d’un éléphant. Les chiens ; à peu près semblables à ceux du Groënland, ont assez l’apparence et la taille