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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/379

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de venir à Saint-Jean s’y réunir au convoi, et partent tous ensemble. Les forces de terre et de mer qui s’y trouvent donnent la vie et le mouvement à cette ville, et sont la source de sa prospérité. Le difficile accès du port, la position imposante des montagnes qui s’élèvent à ses deux côtés, des forts et les batteries nombreuses dont elle est flanquée, la rendent presque imprenable. Un bâtiment seul peut y entrer à la fois, et il serait facilement coulé, si les forts tiraient dessus.

La population de cette ville est de douze mille âmes, et celle de l’île de soixante mille. Le gouverneur y étalait, lors de notre visite, un grand luxe, et représentait en petit la cour du roi d’Angleterre. La société, dit-on, y est choisie ; les femmes y sont fraîches et jolies, et l’hiver, malgré sa grande rigueur est la saison la plus agréable qu’on y puisse passer. On y donne des bals, on y joue la comédie en société, et les acteurs sont pris principalement parmi les officiers de deux régimens qui y sont en garnison, et ceux d’un ou de deux bâtimens de guerre qui restent dans le port.

La plus grande ville après Saint-Jean, est Plaisance, située dans la baie de ce nom, au sud de l’île, et dont le port est si grand, que cent cinquante bâtimens pourraient s’y tenir dans la plus grande sûreté. Parmi les îles et les baies de Terre-Neuve, on trouve des noms qui presque tous rappellent quelques circonstances : telles sont la baie Désespoir, la baie des Trépassés, la baie des Fâcheux,