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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/367

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d’un mousse sa galette de biscuit, et s’était enfui à toutes jambes ; mais il fut poursuivi et tué.

Notre première excursion à l’Ile de Grois avait échoué ; mais le 1i6 août dans la soirée, le ciel étant clair, et parsemé d’étoiles, la chaloupe eut ordre de se tenir prête pour deux heures du matin. Avec une jolie brise de nord-ouest, nous fûmes à Grois en deux heures ; nous doublâmes la première pointe sud, et nous nous arrêtâmes au pied d’une gorge à pic, ancien lit sans doute de quelque cascade, encombré de débris de rochers, mais où ne se voyaient pas ces bois fourrés qui avaient tant arrêté notre marche la première fois.

Nous descendîmes dans une petite anse, au pied de ce ravin, mesurant de l’œil la hauteur que nous avions à gravir, en ne.sachant trop ce qui nous attendait au sommet. Nous n’étions que neuf, avec quatorze chaloupiers qui devaient nous aider à porter nos vivres, biscuit, vin, eau-de-vie, voiles, marmites, etc. Deux éclaireurs que nous avions envoyés au haut du ravin nous firent signe de monter, et nous nous mîmes en route ; mais ce ne fut qu’après des difficultés inouïes que nous arrivâmes au sommet de la montagne, en nous traînant sur les genoux et les mains : quelquefois nous roulions de haut en bas avec les pierres qui manquaient sous nos pieds, sans avoir un arbrisseau, une branche où s’accrocher et se retenir. Nous eûmes ensuite à descendre le revers de la montagne, à passer un torrent qui, à cent