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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/348

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saumonées, des crapauds, des marmottes, des oursins et une grande quantité d’anchois et de homards. Nous prenions aussi quelques anguilles. L’œil au guet, les pieds dans l’eau, et une petite fourche à la main, je me tenais prêt, tandis que deux matelots soulevaient une pierre sous laquelle nous soupçonnions que l’anguille était cachée. Elle sortait rapidement, et il ne fallait pas manquer d’adresse pour la piquer. Cette pêche est assez dangereuse, en ce qu’on peut facilement se percer les pieds, ou ceux des personnes qui vous secondent. Les anguilles se tiennent en général dans les lieux où l’eau est peu profonde et coule avec rapidité…

Un soir, au milieu d’un orage effrayant, pendant que le tonnerre tombait et résonnait dans les montagnes, nous reçumes à bord la visite de deux Indiens, porteurs d’une lettre d’un M. Cradock, président de la société Béotique de Saint-Jean-de-Terre-Neuve, adressée au commandant. Le but de cette société est de connaître la retraite et le nombre des Indiens rouges qui habitent cette île, pour établir avec eux des relations amicales. On croît qu’en 1826 il en restait environ une centaine, répandus dans l’intérieur qui est encore inconnu.

Ces deux Indiens, dont un, élevé à Québec, parlait français, étaient chargés, par cette société d’aller à leur recherche, et une gratification de cent cinquante dollars leur était promise en cas de réussite. Ils voyageaient depuis le mois de février, à travers