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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/342

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et dans les pêcheries anglaises, lorsque le poisson est abondant, il y a souvent en outre des enfans et des femmes. Les pêcheurs tiennent à babord et à tribord deux lignes terminées chacune par deux hameçons, de sorte qu’étant quatre, il y a seize hameçons employés. L’appât ou boëte varie avec la saison. On emploie ordinairement le hareng, le maquereau, le lançon, le capelan, l’encornet, la jeune morue, et à défaut de ces poissons, la chair de l’oiseau de mer. Les embarcations partent ordinairement avant le jour, et vont à quelques milles sur une basse ou un banc peu profond, et y mouillent leur grappin. Chaque ligne étant bien attachée dans l’intérieur, et les hameçons étant prêts, le pêcheur se place à égale distance de ses deux lignes qu’il remue de temps en temps. Dès qu’il croit observer la moindre tension dans sa ligne, il la hâle aussi promptement que possible, jette le poisson dans le bateau, et lui ôte l’hameçon de la bouche. Si la morue est grande il l’accroche avec une gaffe dès qu’elle atteint la surface de l’eau, ou avec un gros hameçon attaché au bout d’un bâton pour empêcher, ce qui arrive très-souvent, que par l’excessive vivacité de ses mouvemens et la grandeur de sa bouche, elle ne parvienne à s’échapper.

Quand le chargement est complet, les pêcheurs le portent à terre pour le préparer ; mais s’il n’y a pas assez de poisson, et qu’ils soient trop loin de terre, ils passent la nuit en mer, dans leurs mauvaises