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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/341

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y était très active, les plantes très- parfumées, et l’angélique surtout, qui s’y trouve en grande quantité, et dont l’odeur embaume les forêts.

Dès son arrivée, le commandant établit sur les bords de cette rivière quatre matelots jardiniers pour avoir quelques légumes. Nous allâmes les voir le lendemain de leur translation à terre ; nous les trouvâmes la tête et les yeux horriblement enflés, ne pouvant soulever leurs paupières, et éprouvant de vives souffrances. Les moustiques les avaient mis dans ce triste état. Avec le temps cependant, leurs têtes reprirent leur volume ordinaire, leurs yeux se rouvrirent au jour, et ils en furent quittes pour la piqûre habituelle de ces insectes, qui occasionne une grande démangeaison. Quand le ciel est calme, et même par toute espèce de temps, les moustiques sont en possession de l’air depuis la moitié de juin jusqu’à la moitié d’août, et souvent, dans les bois, ils sont par bandes si épaisses qu’ils interceptent la lumière ; mais ils disparaissent quand il pleut, et quand le vent souffle du nord-ouest.

Peu de jours après mon arrivée, le commandant me mena voir deux établissemens de pêche dans le port même, l’un dans une anse, nommée Anse du sud-ouest, et l’autre, dans une anse en face, nommée la Genille.

Les bateaux dont on se sert pour la pêche de la morue sont de différentes grandeurs. Les uns ne contiennent que deux hommes, d’autres trois et quatre,