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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/33

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dire dans les guerres d’un district contre un autre ; 4° ceux qui, étant de la même tribu, se marient ensemble, union défendue parce que les contractans descendent des mêmes père et mère ; 5° enfin, ceux qui attaquent traîtreusement un village, une maison ou une personne. Quiconque a commis un des crimes énumérés ci-dessus est dûment jugé et condamné par un tribunal compétent. Après les débats ; la sentence est prononcée, et les chefs boivent chacun un coup : cette formalité équivaut à celle de signer, chez nous, un jugement : On laisse ensuite s’écouler deux ou trois jours pour donner au peuple le temps de s’assembler. En cas d’adultère, la sentence ne peut être exécutée qu’autant que les parens de la femme coupable se présentent pour assister au supplice. Le jour fixé, le prisonnier est amené, attaché à un poteau les bras étendus ; et, comme il a été dit ci-dessus, le mari ou la partie offensée s’avance et choisit le premier morceau, ordinairement les oreilles ; les autres viennent ensuite, suivant leur rang, et coupent eux-mêmes les morceaux qui sont le plus à leur goût [1]. Quand chacun a pris sa part, le chef de l’assemblée s’approche de la victime, lui coupe la tête, l’emporte chez lui comme un trophée, et la suspend devant sa maison. La cervelle appartient à ce chef ou à la partie offensée : on lui attribue des vertus magiques, aussi est-elle ordinairement conservée avec soin dans une bouteille. On ne mange jamais les boyaux ; mais le cœur, la paume des mains et la plante des pieds sont réputés les morceaux les plus friands. La chair du criminel est mangée, tantôt crue, tantôt grillée,

  1. On ne se contente pas de manger les prisonniers vivans, on les mange encore lorsqu’ils sont morts, et même enterrés.