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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/329

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des vents de nord-ouest il remonta au Groënland, où il voulait rejoindre son père Herljof ; il lui fit part de sa découverte. Lief, fils d’Eric, s’embarqua aussitôt avec trente-cinq hommes, prit Biorn avec lui, et se dirigea sur ce nouveau pays. Les premières terres qu’ils virent étaient rocailleuses et stériles ; ils l’appelèrent Helleland, ou pays de rochers. Ils découvrirent après un pays plus bas, sablonneux et couvert de bois qu’ils nommèrent Markland, ou pays boisé. Deux jours après, ils virent encore terre, avec une île au nord de la côte : une rivière la parcourait ; ils y entrèrent et la trouvèrent pleine de poissons, et principalement de beaux saumons. Les buissons qui la bordaient étaient couverts de baies douces ; l’air y était doux et le sol fertile. Ils arrivèrent à un lac où cette rivière prenait sa source, et se déterminèrent à hiverner sur les bords. Dans les jours les plus courts, ils y voyaient le soleil huit heures au-dessus de l’horizon, ce qui fait supposer que le jour le plus long, sans compter le crépuscule, devait y être de seize heures. Il suit de là, dit Angrim Jonas, que cet endroit, qui se trouvait par les 49° de latitude nord dans le sud-ouest du Groënland, doit être ou la rivière de Gander, ou la baie des Exploits dans l’île de Terre-Neuve. Lief goûta les raisins, en fit du vin, et il appela ce pays Windland dot Gade, ou le pays au bon vin.

De nombreux armemens se firent au Groënland, et vinrent explorer de nouveau Winland. Le troisième été qu’il fut visité, les. Islandais furent attaqués