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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/328

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Winland. Le docteur Morse prétend que ce Winland est Terre-Neuve, que sa découverte remonte à 1001, et que le Norwégien Biorn [1] fut le premier qui y descendit. Des relations furent entretenues entre ce pays et le Groënland ; et, en 1121, Eric, évêque de cette colonie, alla à Winland pour tâcher de ramener ses habitans à des mœurs civilisées, ceux-ci étant presque à l’état de sauvages. Ce prélat ne revint plus au Groënland, et pendant plusieurs siècles Winland tomba dans l’oubli. Il est très-vrai que la vigne se trouve à Terre-Neuve, et en grande quantité, à peu près dans les mêmes latitudes que dans l’Amérique du Nord, la Nouvelle-Angleterre et le Canada. L’île d’Orléans, dans le Saint-Laurent, avait été nommée par Jacques Cartier île de Bacchus, à cause de la grande quantité de vignes qui s’y trouvaient. Un voyageur français écrivait, en 1748, de Terre-Neuve « Les cantons que les Français possèdent ici produisent des vignes en abondance. » D’après un grand nombre d’ouvrages écrits par les Norwégiens depuis plusieurs siècles, on ne peut douter que ce Winland n’ait été Terre-Neuve.

Angrim Jonas, qui a écrit une histoire d’Islande, raconte qu’en 1001 un Islandais, nommé Biorn, dans un voyage d’Europe au Groënland, ayant été poussé par une tempête bien loin au sud-ouest, découvrit un pays plat couvert d’épaisses forêts, et vit bientôt après une île. Il ne s’y arrêta cependant pas, et avec

  1. D’autres écrivent Biurn.