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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/324

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autour de nous, tels que canards blancs gaudes, gaudaillons, moyaques, becs-scie, merles jaunes, crevaces, cannes de roches, marchands mais principalement calculots. Rien de plus singulier et de plus comique que la physionomie de ces calculots. Ils vous regardent en passant d’un air si sérieux ! Déjà loin de vous, ils retournent la tête en volant pour vous voir encore plus long-temps, et reviennent souvent se mettre sous le rocher qui vous porte. On les prend à la main quand ils sont dans leurs nids, et ils ne s’envolent pas, mais se défendent à coups de bec ; ceux qui sont logés au-dessus avancent la tête dehors, et regardent avec beaucoup de gravité ce qui se passe, jusqu’à ce que leur tour arrive. Leurs œufs sont très-bons à manger, et nos matelots en faisaient de très-belles omelettes. La tête du calculot est rouge et très-grosse en comparaison du corps ; l’œil est très-grand et noir, et le bec s’ouvre de côté, au lieu de s’ouvrir de haut en bas. Le corps est blanc et noir, les ailes rouges et noires et très-courtes.

Après nous être dispersés sur le Colombier, je restai isolé avec deux canotiers pour ramasser mon gibier, chose peu facile, car il tombait quelquefois à cent pieds au-dessous de moi. Les calculots me venaient vingt et trente ensemble en tête et très-vite, et étant peu d’aplomb, il n’était pas aisé de les tirer. En une heure, je tuai quarante-trois oiseaux, et perdis beaucoup. En tout, nous rapportâmes cent dix-huit pièces, mais elles n’étaient malheureusement pas bonnes à manger.