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est la plus belle ; elle a un étage et des mansardes ; on y arrive par un tapis de gazon entouré d’une palissade à hauteur d’appui, et traversée par une allée qui conduit au perron : quatre pierriers en défendent l’entrée. Les armes de France sont peintes sur la porte, et entourées de tonneaux, d’ancres, etc., ce qui lui dorme assez l’apparence d’une enseigne de bureau de tabac. Il y a une église et un hôpital, où les malades sont soignés par des sœurs de Saint-Joseph ; quelques boutiques, trois billards, et un café, où se tiennent ordinairement les officiers de marine.

C’est un triste séjour pendant l’hiver. Toutes communications sont interceptées, non-seulement avec l’Europe, l’Amérique et Terre-Neuve, mais encore avec Miquelon et Langlade (petite Miquelon). La chasse est la seule distraction qu’on puisse se procurer alors ; mais vers la fin d’avril arrivent les bâtimens de pêche : les Basques sont généralement les premiers arrivés. La division de guerre y vient vers la moitié de mai, commandée par une corvette. On y envoyait anciennement une frégate, mais on y a renoncé, les petits bâtimens étant plus commodes dans ces parages. Le commandant de la division est aussi inspecteur des îles, et il expédie ses bâtimens sur différens points de Terre-Neuve, pour protéger nos pêcheurs contre les Anglais s’il y avait lieu ; il s’y transporte aussi, et retourne en France vers la fin d’octobre, laissant une goëlette qui ne peut en partir qu’après les derniers bâtimens de pêche, vers la fin