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Saint-Pierre doit être considéré uniquement comme un abri ouvert aux pêcheurs en détresse. Nous y avons cependant fondé une colonie. ».

Depuis le temps où Cassini quitta ces îles, elles se sont beaucoup améliorées, surtout quant aux pâturages, qui sont abondans dans la petite Miquelon, et qui donnent de nombreux bestiaux. Il y a maintenant, en 1831, huit établissemens ruraux, 8 chevaux, 380 bœufs ou vaches, et 400 moutons et chèvres. Quant à la population de la ville, elle est de 800 âmes pour la sédentaire, et de 225 pour les marins hivernant, en tout 1025.

L’île de Saint-Pierre est située par 58° 35’ de longitude ouest, et 46° 46’ 30” de latitude. Pendant cinq mois de l’année on y est enveloppé de brumes épaisses qui laissent rarement voir le soleil, et pendant cinq autres mois la neige couvre presque toujours la terre : septembre et octobre, quelquefois novembre, sont très-clairs. Dans les beaux jours, on voit parfaitement les côtes de Terre-Neuve, qui sont à huit lieues de distance, et la montagne du Chapeau rouge, qui en est à seize. Pour toute défense, la ville a cinq gendarmes, et trente hommes embarqués sur le Stationnaire ; en outre, il y a une petite pointe de terre, nommée Pointe aux canons, entourée de fagots et de gazon, d’où percent trois canons servant à rendre les saluts aux bâtimens étrangers qui entrent ; les Anglais dans leurs traités, nous défendirent d’en avoir plus. Les maisons, bâties toutes en bois, sont pour la plupart faites à Brest. Celle du gouverneur