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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/320

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étudier le pays, et en observer les productions. Tout ce que j’y trouvai, ce furent des montagnes, que l’on ne gravissait pas sans danger. Les petites vallées qui les séparaient n’étaient pas plus praticables ; les unes, pleines d’eau, formaient une longue suite d’étangs ; les autres étaient encombrées de petits sapins et de quelques chétifs bouleaux, seuls arbres que j’aie vu pousser dans le pays. Je n’en ai pas vu s’élever à plus de douze pieds de hauteur. Miquelon est mieux partagée pour le bois. — La plante la plus agréable que je trouvai dans l’île est une espèce de thé, ainsi appelé par les habitans ; il ressemble beaucoup à notre romarin, tant par la feuille que par la tige. Il y a aussi une autre plante appelée anis, qui se prend également infusée dans l’eau bouillante. On peut juger combien les habitans de cette île sont privés des premières nécessités de la vie, là où le blé ne pousse pas, et où tout entièrement jusqu’aux moindres objets, doit venir de France. Les maisons sont bâties dans une petite plaine le long de la mer. Il y a de petits jardins où poussent avec peine quelques laitues, qui sont mangées avec avidité lorsqu’elles sont encore vertes. Le manque de pâturages empêche d’avoir beaucoup de bestiaux, et en fait de viande fraîche, on en est réduit aux volailles. On fait de la soupe avec des têtes de morues. Notre arrivée à Saint-Pierre fut célébrée par la mort d’un bœuf, c’était la plus belle réception que les habitans de cet endroit pouvaient nous faire.

» De cette description on peut conclure que