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est schisteux, et le schiste est très-souvent chargé de particules ferrugineuses. Ces montagnes présentent quelques traces d’un sol arénacé, dû entièrement à l’effritement du granite. Au-delà de cette petite chaîne qui entoure Lima, commencent les sierra du Pérou intérieur.

L’île Saint-Laurent, placée à l’entrée de la baie, est complètement nue, et est formée en entier par une roche de phtanite gris : son aspect est celui d’un îlot, d’un rouge foncé ; chaque fragment de roche, à sa surface, se sépare par feuillets minces, et souvent, comme les pyrites, ces fragmens tombent en déliquescence. Cette île présente à son extrémité méridionale des crevasses, et des aiguilles affectant diverses formes. Les rochers qui s’élèvent au-dessus de la mer, sur toutes les côtes du Pérou, sont recouverts d’une couche très-épaisse de matière blanche, nommée guana, attribuée à la fiente des oiseaux maritimes qui, depuis des siècles, s’y reproduisent en paix ; c’est l’engrais le plus usité dans tout le pays.

Plus célèbre par ses mines que par ses productions agriculturielles, le Pérou est loin de rivaliser sous ce rapport avec le Chili, riche en métaux précieux, mais riche surtout en substances nourricières, bien que son sol soit très mal cultivé. La majeure partie des approvisionnemens de la province de Lima est fournie par les ports de Valparaiso, de Coquimbo et de la Conception ; et la plupart des cargaisons expédiées sur les navires français consistent en farines et en vin : tout ce qui nécessaire à la vie y acquiert