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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/306

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Sous le rapport topographique, on se rappelle qu’une vaste plaine nue, unie, et peu élevée au-dessus du niveau de la mer, s’étend entre Callao et Lima. Le littoral, à une distance assez grande, est formé en entier par des tas de galets considérables qui ont dû y être portés par les submersions fréquentes que produisent les tremblemens de terre, dont les habitans conservent de cruels souvenirs. Ces galets sont parfaitement arrondis, et assez communément de nature granitique ou quartzeuse ; ils doivent sans doute leur naissance aux lests des navires mouillés sur la rade, ou peut-être aux éboulemens des petits caps de Callao au sud, ou de Bocanegra au nord.

De nombreux ruisseaux et des flaques d’eau sillonnent les alentours de Callao : une herbe épaisse y forme des tapis verdoyans ; mais toutefois de larges surfaces sont recouvertes d’efflorescences salines, et s’étendent jusqu’à plus d’un mille dans l’intérieur. Les eaux de la mer, en couvrant fréquemment le sol l’ont imprégné de l’hydrochlorate de soude qu’elles contiennent. Quelques parties de cette plaine sont livrées à la culture et les propriétés sont encloses de murs en terre très-solides, nommas tapias. La nature de cette terre est une marne productive. Les montagnes de Lima sont complètement dénudées, si on en excepte quelques chétives plantes charnues, telles qu’un solanum et un cactus, les seules qui subsistassent à l’époque de notre séjour. Leur base est formée par des roches granitiques, leur sommet