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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/18

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petite ville sont bâties de la sorte : je n’en excepte que l’hôtel du gouverneur.

Les cases des plus riches ne diffèrent de celles des plus pauvres qu’en ce qu’elles sont plus vastes, plus élevées, mieux closes et plus soignées dans leur façon. Les parois internes sont faites avec du rotin alien, c’est-à-dire avec les tiges du flagellariu indica, au lieu d’être en bambous, dans les principales maisons, appartenant aux gouverneurs, curés ou riches propriétaires.

Auprès de chacune de ces cases se trouve toujours une espèce de petit jardin dans lequel les Indiens cultivent des ignames, des patates, quelques pois et autres herbes propres à les nourrir. Le bétel y abonde surtout. En général, le peuple de ces contrées est naturellement indolent, paresseux ; il ne cultive que ce qui lui est impérieusement nécessaire pour ne pas mourir de faim. On le voit toute la journée couchée nonchalamment soit sur des nattes dans l’intérieur des appartemens, soit en dehors, assis sur ses talons.

L’habillement des hommes est un pantalon de coton bleu fort ample, ou un pantalon rayé de jaune et de blanc, fait avec du fil d’abaca (muraabuca), ou de pignas bromelia ; une chemise de cette dernière étoffe, jaunâtre et blanche, ou quelquefois tout-à-fait blanche, selon la qualité du fil. Cette chemise est toujours flottante sur le pantalon, jamais rentrée en dedans. Ils portent rarement une veste, et lorsqu’ils en prennent, elle est d’une étoffe aussi légère que la chemise et le pantalon. Les souliers sont chez eux hors d’usage. Les chapeaux dont ils se servent sont toujours en paille [1], que l’on

  1. C’est-à-dire en feuilles de vaquoi, ou feuilles de nipa fruticosa