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prier le gouverneur de m’accorder un guide du pays, qui pût m’accompagner dans les excursions que je me proposais de faire dans les environs de la ville. Il eut la bonté de m’en promettre un pour le jour suivant. J’employai le reste de la journée à visiter la petite ville de Samboangan et les cultures qui l’avoisinent. Mon attention se fixa d’abord sur les cases des indigènes. Leur construction me parut assez peu commune. Elles sont en général peu élevées et fort mal bâties. Comme le sol est bas et humide, le rez-de-chaussée est à quatre pieds d’élévation. La case repose sur des piliers en bambou, comme sont construits les pigeonniers dans plusieurs provinces de France. Les habitans se préservent ainsi d’une humidité qui pourrait devenir funeste à leur santé. Ces cases sont entièrement faites avec du bambou : les chevrons et les colonnes portatives sont formés de morceaux ronds et entiers, les parois et le plancher sont en lames de bambou, plus ou moins larges, entrelacées ensemble de manière à former un tissu serré comme les nattes de vaquoi ou de jonc. Les planchers ainsi façonnés sont extrêmement solides, quoiqu’ils paraissent s’enfoncer lorsqu’on marche dessus. Ils sont supportés par des poutres également en bambous ronds. Dans chaque case se trouvent plusieurs chambres, séparées par des cloisons de lames ou de plaques de bambous entrelacées comme des nattes. Les portes de chaque chambre sont faites de la même manière ; les bancs qui servent de sièges aux alentours des appartemens sont également en bambous, ainsi que les lits ; une simple natte en feuille de nipa fruticosa sert de matelas, et une toile bleue de couverture. On a en outre à chacun de ces lits deux traversins ronds, l’un sert pour la tête en guise d’oreiller, l’autre est pour les