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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/121

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du pays. C’étaient les gardes nationales du moyen âge.

On remarquait enfin les volontaires, qui n’étaient pas assujettis à un service régulier, et qui se retiraient quand ils voulaient. A une époque où les religions chrétienne et musulmane étaient, pour ainsi dire, en présence, et où il s’agissait pour les Musulmans de la défense de leurs biens et de leurs personnes, on conçoit que le nombre des volontaires fut considérable. Parmi eux étaient des hommes pieux, des scheikhs, des faquirs, qui, à l’exemple des moines et des prêtres dans les armées chrétiennes, excitaient le zèle des guerriers et enflammaient leur courage.

en général, c’étaient les mêmes hommes qui servaient sur terre et sur mer. Parmi les marins, cependant on comptait un certain nombre de renégats et d’esclaves grecs, italiens, etc. La marine musulmane a, dans tout le moyen âge, été inférieure à celle des chrétiens, et ordinairement les Musulmans n’ont songé à équiper des flottes que lorsqu’il s’agissait de leur propre défense. Comment en eût-il été autrement ? Beaucoup de Musulmans, à l’exemple des idolâtres de l’Inde, professent une sorte d’aversion pour la mer, et quelques docteurs ont prétendu que c’était une folie de se confier sur un frêle navire à un si terrible élément. A les en croire, tout homme qui s’embarque sans nécessité doit être considéré comme un insensé, et son témoignage ne devrait point être reçu en justice. Il n’est pas étonnant, d’après cela, que l’état de marin n’ait jamais été très-honoré dans l’Orient. Makrizi, qui écrivait dans le XVe siècle de notre ère, nous apprend que, de son temps, en Égypte, le mot marin était un terme d’injure.

La manière dont toutes ces troupes étaient entretenues