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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/119

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Alp-Arslan et Malek-Schah prendre place parmi les plus illustres monarques de l’Asie.

Presque tous les Turcs étaient en naissant destinés à la carrière militaire. Ceux même qui étaient adonnés à la vie pastorale, et qu’on appelle quelquefois Gozzes, Turcomans, etc., échangeaient dans l’occasion la houlette contre le sabre.

Nous avons dit que dès le IXe siècle les princes musulmans avaient recherché l’appui des peuples d’origine turque, à cause de leur humeur belliqueuse ; ordinairement ces princes leur adjoignaient des guerriers d’autres nations, soit, afin de balancer leur trop grande influence, soit parce que souvent ils mettaient leurs services à un trop haut prix. En Syrie et en Mésopotamie, on s’adressait de préférence aux Curdes et aux tribus arabes répandues sur les frontières du désert ; en Égypte, on recourait aux Nubiens, aux Berbers et aux Nègres.

Telle fut ta politique qui dirigea presque constamment les souverains musulmans au moyen-âge. Quelquefois, par suite de circonstances particulières, ils parurent vouloir changer de système. C’est ainsi qu’en Égypte, les Califes Fatimites, se méfiant des Turc, partisans de la doctrine religieuse des califes de Bagdad, recherchèrent les Nubiens et les Nègres, et que plus tard Saladin, auteur de la ruine des califes Fatimites, éloigna de sa personne les Nègres et les Nubiens, pour attirer les Curdes, ses compatriotes. C’est encore ainsi qu’un des successeurs de Saladin, mécontent des Curdes, fit un nouvel appel aux Turcs, aux Circassiens et aux autres peuples établis sur les bords de la mer Noire et de la mer Caspienne, et donna une nouvelle force à ces Mameloucks, qui d’esclaves se firent maîtres, et régnèrent