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Page:Revue des Deux Mondes - 1831 - tome 1.djvu/112

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horreur, parce que véritablement le pain sentait le sang. Cela se fit par ordre de Montezuma, et il ordonna de le faire, parce qu’il croyait que ces étrangers étaient des dieux venus du ciel, et que les nègres étaient des dieux noirs.

« Montezuma leur envoya ensuite des devins et des enchanteurs, pour qu’ils vissent si on pourrait jeter quelque sort qui fît mourir les étrangers ou qui les forçat de s’éloigner. Ceux-ci firent tous leurs efforts, comme le leur avait recommandé Montezuma, mais rien ne put leur réussir. »

La chronique entre ici dans de nombreux détails sur la manière dont agissaient les Espagnols à l’égard des naturels, sur la terreur qu’ils inspiraient et sur les rapports qui étaient adressés à l’empereur. Elle fait connaître surtout l’impression que produisit à Mexico la nouvelle que les Européens voulaient s’y rendre.

« Ces choses entendues par Montezuma, il commença à concevoir le pressentiment que de grands maux venaient sur lui et sur son royaume. Il commença à y avoir grande crainte en lui de même que parmi tous ceux qui connaissaient les nouvelles déjà racontées. Tous pleuraient, tous étaient plongés dans l’angoisse, et allaient la tête baissée. Ils formaient des rassemblemens et parlaient avec effroi des nouvelles qui étaient venues. Les mères prenaient en pleurant leurs enfans, et leur posant la main sur la tête, leur disaient : « Ô mon fils ! tu es né dans un temps mauvais ; tu dois voir de grandes choses, et tu auras à supporter de grands travaux ! » Il fut rapporté à Montezuma comment les Espagnols amenaient avec eux une Mexicaine, nommée Marina, habitante du bourg de Teticpac, situé sur la côte de la mer du Nord. On lui dit qu’elle leur servirait